Je passe mon temps à des choses qui ne demandent pas mon cerveau.
Tout ce qui est répétitif et sans valeur ajoutée : chercher une information éparpillée, classer, recopier d'un outil vers un autre, refaire chaque semaine le même geste.
Par exemple. Les devis à retrouver dans trois dossiers. Les pièces comptables à rapprocher. Les fiches produit à recopier d'un tableur vers un site. Les commandes à ressaisir.
Je découvre les problèmes trop tard.
L'information existe déjà quelque part, mais elle arrive après coup : noyée dans un flux, dans une pièce jointe illisible, ou dans un tableau que personne n'ouvre.
Par exemple. Un client important qui ne commande plus. Un impayé qui dépasse un seuil. Un stock qui va manquer avant la prochaine livraison. Un contrat qui se reconduit tacitement.
Je ne sais pas si ce que je fais marche.
L'écart entre ce qu'on croit et ce qui est. Les chiffres qu'on vous donne et qu'on ne peut pas vérifier. Les tableaux de bord au vert pendant que le problème existe.
Par exemple. La rentabilité réelle par produit, par client ou par chantier. Le coût de revient d'une prestation. Ce que rapporte vraiment un salon, une remise, un canal de vente.
Mes clients attendent, et je le sais mal.
Tout ce qui se joue entre la commande et la satisfaction : les messages qui s'accumulent, les demandes répétitives, les documents à envoyer, les relances, les litiges.
Par exemple. Les demandes de devis qui arrivent par cinq canaux. Les attestations que les clients redemandent toujours. Les questions avant-vente auxquelles on répond chaque semaine.
Je devrais être visible, et je ne le suis pas.
Se faire connaître, publier, aller chercher des clients, sans y passer ses soirées ni se mettre en danger juridiquement.
Par exemple. Une liste de clients dormants à réactiver. Un fichier de contacts jamais exploité. Une newsletter qui n'a jamais été lancée faute de temps.
Mes équipes utilisent l'IA, et je ne sais pas comment.
L'IA est déjà dans l'entreprise sans que personne l'ait décidé. Personne ne l'a autorisée, personne ne l'a interdite, et c'est le dirigeant qui en répond.
Par exemple. Un cadre écrit sur ce qui peut ou non être collé dans un outil public. Les outils déjà payés et utilisés à une fraction de ce qu'ils savent faire.
Mon outil ne fait pas ce dont j'ai besoin.
Le logiciel du marché qui ne colle pas, le tableur devenu ingérable, la partie du métier qui n'a jamais été outillée.
Par exemple. Un planning d'équipe qui vit dans un tableur partagé. Un suivi de chantier fait de photos et de messages. Un espace où les clients viendraient chercher leurs documents.
Je dois changer quelque chose d'important et j'ai peur de tout perdre.
Changer de logiciel de gestion, de prestataire, de machine. Reprendre un fichier client. Fermer un accès. Toutes les opérations qu'on ne peut pas rater deux fois.
Par exemple. La reprise de l'historique dans un nouveau logiciel. Le départ d'un salarié qui détenait des accès. La sauvegarde dont personne n'a vérifié qu'elle se restaure.